11 mai 2009

Grippe A et élevage industriel.

Extraits d'un article de Fabrice Nicolino (sur son blog)

Je vous ai parlé de cette entreprise américaine il y a quelques jours (ici), car elle est au centre de l’affaire de la grippe porcine au Mexique, que les bureaucrates internationaux de la FAO, de l’OMS et des Nations Unies ont rebaptisée A pour faire plaisir à l’industrie. Anyway, la transnationale Smithfield Foods est le plus gros producteur mondial de porcs industriels. Si le cœur vous en dit, jetez un œil sur le site du monstre, ce n’est pas sans intérêt (ici).

Que racontent les journalistes du New York Times ? Qu’un typhon nullement tropical s’est abattu sur la Roumanie et la Pologne, deux pays qui avaient pu - paradoxe du système stalinien - maintenir des agricultures paysannes. Cela change, et très vite. Car Smithfield Foods n’est présent dans ces pays-là que depuis cinq ans. De cette date, leurs hommes ont enrôlé - disons convaincu - des responsables politiques locaux de la plus haute importance. Citons, pour que vous situiez le niveau, le président roumain lui-même, Traian Basescu, travaillé au corps par une exceptionnelle agence de lobbying, McGuireWoods. Américaine bien sûr, cette bottega oscura - la boutique obscure chère aux Italiens - a été payée pendant des années par le gouvernement de Bucarest pour tenter d’arracher son entrée dans l’Otan. On est entre bons amis. Autre lobbyiste remarquable : Nicholas Taubman, ami de George W.Bush, qui fut ambassadeur en Roumanie, mais qui est aussi et surtout un homme d’affaires international.

Avec une telle équipe, qui aurait pu perdre ? Avec une entreprise pesant des milliards d’euros dans des pays si pauvres mais si avides, comment les paysans auraient-ils pu gagner ? Smithfield Foods est déjà le premier producteur de porcs en Roumanie, mais évidemment, avec de menus désagréments au passage. En 2007, par exemple, une grippe porcine - tiens donc - a dévasté trois “établissements” de Smithfield Foods en Roumanie, dont deux fonctionnaient sans aucune autorisation. Oui da. Ce n’est pas tout, vous pensez bien : au total, 67 000 porcs ont été tués ou détruits. Certains malades, et d’autres qui ne l’étaient pas, car le principe de précaution n’est pas une vaine parole chez les grands industriels.

Je pourrais continuer sur des pages. Ce qui se passe en Pologne et en Roumanie est aussi atroce que ce qui arrive au Mexique. En Roumanie, le nombre de petits fermiers possédant des porcs est passé de 477 000 en 2003 à seulement 52 000 en 2007, soit une diminution de 90 % ! La Pologne a vu disparaître 56 % de ses 1,1 million de porchers entre 1996 et 2008. Vive l’Europe, messieurs ! Oui, vive l’Europe, car notre belle Union donne à Smithfield Foods des dizaines de millions d’euros de subventions pour la « modernisation » de ce pauvre élevage est-européen. Sur les marchés d’Abidjan (Côte d’Ivoire), raconte le Times, le kilo de porc made in Poland se vend 1 dollar et 40 cents le kilo. Quand la viande produite sur place coûte 2 dollars 50.

Beuark !, qu’ajouter de plus ? Tout de même quelque chose. Smithfield Foods est une transnationale. Par définition, elle se moque bien des frontières. Et elle est chez nous. Ne me dites pas que vous le saviez : Smithfield Foods est le plus grand groupe français de charcuterie, sous le nom d’Aoste (ici). Cochonou, Julien Bridou, c’est elle ! Et bien d’autres encore. Je vous espère aussi rassuré que je le suis. Et pour parachever mon impeccable œuvre d’information, voici la liste des lieux qui abritent en France des entreprises Smithfield Foods : Landivisiau et Quimper (Finistère); Douai, Saint-André-les-Lille (Nord); Monein (Pyrénées-Atlantiques); Saint-Symphorien sur Coise, Bron (Rhône); Saint-Étienne (Loire); Yssingeaux (Haute-Loire); Vernoux, Boffres (Ardèche); Peyrolles (Bouches du Rhône); Aoste (Isère). À nous le jambon de Bayonne, le saucisson sec, les bonnes saucisses comme à la maison !

9 mai 2009

Au sujet du contre grenelle, ou l'on a critiqué Europe Ecologie

Un contre grenelle offensif: A lire le compte rendu envoyé par François et selon quelques échos par ailleurs, je trouve bien déplorable d'avoir transformé le contre grenelle en tribune de propagande pour des partis qui parlent de l'écologie comme le pape parle du préservatif. En tout cas au vu des textes que je peux lire ça et là. Le Parti de gauche attelé au PCF, voila qui va donner à l'écologie politique sa place de force motrice de la transformation sociale !!!
Allez je vous concède qu'Europe écologie n'a pas le verbe anti capitaliste aussi fort que le NPA et autre Front de gauche. Mais c'est un vrai rassemblement avec des sensibilités diverses et une cohérence authentique. Cohn Bendit n'en est qu'un élément et je trouve mal honnète de s'appuyer sur des écrits de 10 ans pour démontrer qu'il est bien "libéral".Je ne cherche pas à le défendre mais son dernier bouquin est tout de même d'une autre tonalité.
je trouve qu'au delà des discours Europe écologie rassemble beaucoup de ces personnes qui ne se pense pas toujours "militants" anti capitalistes mais qui dans leurs engagements associatifs, économiques, culturels, construisent une société réellement anti capitaliste. Les travaux pratiques en quelque sorte.
Pendant ce temps,nos pourfendeurs du contre grenelle préfèrent taper sur les petits copains (élection oblige) ils viendront nous dire dans la foulée qu'ils sont pour l'unité...à pleurer !
Bernard Péré

8 mai 2009

Europe écologie est -elle anti capitaliste ?

A lire certain commentaires du Front de gauche, qui semble d'ailleurs passer beaucoup de temps à dénigrer les petits copains, Europe écologie et les Verts auraient renoué avec le Ni droite, ni gauche...
Tout d'abors précisons qu'Europe écologie ce n'est pas seulement les Verts (les listes sont composées moité Verts, moitié représentants divers) c'est un rassemblement avec diverses sensibilités politiques.
Personnellement mon engagement dans Europe écologie ne m'a pas fait changer d'avis sur mes convictions anti capitalistes. Certes nous le déclarons pas à chaque détour de phrase mais la différence chez nous c'est que nous sommes beaucoup à être engagés dans des alternatives qui sont de fait la construction d'une autre société à l'opposé des valeurs véhiculées par le capitalisme.
Il faut sans aucun doute à l'échelle du pays et de l'Europe en particulier, mettre en oeuvre des politiques fiscales, financières, économiques et sociales qui nous engagent sur une autre voie que celle que nous connaissons actuellement. Et l'écologie de ce point de vue peut être un levier formidable contre le capitalisme; mais des maintenant tout ce qui peut être entrepris dans le domaine des alternatives est autant de pris sur l 'avenir et la prise de concience collective. Voila pourquoi nous n'avons de leçons d'anti capitalisme à recevoir de personne. Il ya ceux qui en parlent et ceux qui en sont aux travaux pratiques !
Bernard Péré